Les taux des crédits immobiliers continuent de baisser

Publié le 15 Mai 2019

Partager :

 

Ils sont tombés à 1,35 % en moyenne en avril, toutes durées confondues et ils se rapprochent de leur plus bas niveau historique.

Jean-Claude Bourbon, 

../office11/guyhoquet_sixfours/catalog/images/news/221115.png

Les records sont faits pour être battus et en matière de taux d’intérêt des crédits immobiliers cela pourrait bien être une affaire de quelques semaines. Les banques ont en effet nettement baissé en avril le coût des emprunts pour acheter un logement.

Des prêts moins chers et plus longs

En avril, le taux moyen pour un prêt sur 15 ans s’est établi à 1,09 % sur 15 ans, à 1,27 % sur 20 ans et à 1,49 % sur 25 ans, affirme l’Observatoire Crédit Logement. De son côté, le courtier Cafpi avoir négocié des taux moyens à 0,69 % sur 10 ans, à 0,97 % sur 15 ans, à 1,15 % sur 20 ans et 1,34 % sur 25 ans. Il estime avoir déjà enfoncé les niveaux planchers de 201. Son concurrent Empruntis évoque quant à lui des prêts sur 20 ans avec un taux d’intérêt à 0,95 %.

La durée d’emprunt est de plus en plus longue. En avril, elle atteignait en moyenne 227 mois, soit un niveau historiquement haut. Depuis 2017, l’allongement des prêts atteint 29 mois, ce qui a permis de répondre en partie à la hausse des prix de l’immobilier dans les grandes villes et à la baisse des aides publiques pour l’accession à la propriété des jeunes ménages.

Aujourd’hui, 42,4 % des emprunts immobiliers se font sur 25 ans et plus, rappelle l’Observatoire Crédit Logement. Dans l’ancien, le coût moyen d’un achat immobilier représente 5 années de revenus d’un ménage, contre 4,9 années il y a un an.

Pas d’inversion de tendance dans les prochains mois

Plusieurs raisons expliquent cette situation de taux bas. La Banque centrale européenne mène une politique monétaire très expansionniste depuis plusieurs années et ne prévoit plus, pour l’instant de l’arrêter, compte tenu du ralentissement observé dans la zone euro. Résultat, l’emprunt de l’État français à 10 ans (l’OAT 10 ans) sur lequel est calculé le taux des crédits immobilier est tombé à des niveaux très bas. Il était en avril à 0,35 % contre 0,89 % il y a un an.

Même s’il est difficile de prédire l’évolution économique, rien ne laisse donc envisager une prochaine augmentation des taux. D’autant que les banques semblent redoubler d’efforts commerciaux pour conquérir de nouveaux clients, quitte à rogner sur leurs marges. « Les marges de négociation restent importantes », estime Cécile Roquelaure, la directrice des études d’Empruntis.

Une situation qui ne devrait pas ravir les experts de la Banque de France. Ils se sont ouvertement inquiétés ces derniers mois de l’ampleur des encours totaux des crédits immobiliers qui ont dépassé les 1 000 milliards d’euros, soit un niveau sans précédent.

Partager :